Durée : 58'
Année : 1993
Scénario : Bernard Bloch et Pierre Borker
Directeur de la photographie: André Mrugalski
Ingénieurs du son: Richard Zolfo
Décor : Danka Semenowicz
Montage : Dominique Barbier
Musique originale : Frédéric Loth
Coproductions : Synthélabo - "Les empêcheurs de penser en rond" Aqui Tv avec la participation du CNC et le soutien de la Procirep
Autres diffusions : BPI, Documentaire sur Grand Ecran
« La pulpe même du sensible, indéfinissable, n’est pas autre chose que l’union en lui du « dedans » et du « dehors » ; le contact en épaisseur de soi avec soi ». E. Levinas
La vie et l’œuvre de Clérembault (1872-1934), psychiatre et photographe, que Jacques Lacan reconnaissait comme « son seul maître en psychiatrie ». Auteur de « La passion érotique des étoffes chez la femme », il réalise à Fès des milliers de photos de femmes marocaines entièrement enveloppées dans le haïk traditionnel. Il dispense aux Beaux-Arts un cours sur le drapé méditerranéen en s’inspirant des sculptures antiques du Louvre. Il se tire une balle dans la bouche devant son miroir dans son pavillon de Malakoff.
« On savait qu ‘il avait fallu attendre quarante ans afin que plus de 400 photographies prises par Clérembault soient enfin rendues publiques. On savait que les légendes entourant le médecin chef avaient toujours été bon train : « une vie recluse à Malakoff au milieu de poupées articulées recouvertes d’étoffes savamment drapées », « un suicide obscur face à face avec un miroir », « le seul maître de Lacan »…On savait aussi que les photographies clérambaldiennes étaient plus ou moins liées à sa pratique de ses mouvements de haïks, infinis arrangements de « nouages et de plis ». (…) A présent il y a ce film subtil. Vaste panorama subjectif, placé sous le signe du regard et du toucher, le film vaut d’abord par ses contrastes : entre la découverte hyper réaliste du cadavre de Clérembault et le chant incroyable d’un Muezzin inondant un cimetière marocain… Du culte d’une certaine couleur (on songe au pèlerinage de Matisse à Tanger) au noir et blanc entêtant du « Maître »… Entre l’omniprésence d’une recherche angoissée (du réalisateur comme de Clérembault) des mots et d’un plein de vide éloquent… » Le journal de Nervure.
Production de films documentaires de création - Producteurs : Bernard Bloch et Frédéric Féraud