LA CLE DE LA CHAMBRE A LESSIVE, long-métrage de Floriane Devigne et Fred Florey, a reçu le Grand Prix SRG SSR à Visions du Réel du meilleur film documentaire suisse. Il est en salles à Genève et Lausanne depuis 24 avril.
Après les festivals de Toronto, dei Popoli, d’Abu Dhabi, CPH Dox, les RIDM, l’IDFA, Béjaia et Goteborg, COMME SI NOUS ATTRAPIONS UN COBRA de Hala Alabdalla a été projeté au Cinéma du Réel et au Festival du Film de Femmes de Créteil. Prochains rendez-vous à Lyon à l’Institut Lumière le 04 mai pour la 13ème édition du festival des cinémas du sud et à Marseille pour les Rencontres Internationales des Cinémas Arabes du 28 mai au 2 juin prochain.
A Marseille aussi, MIRAGES sera diffusé au [mac] musée d’art contemporain de Marseille dans le cadre de l’exposition LE PONT du 25 mai au 20 octobre 2013
FORT INTERIEUR a remporté le Prix coup de coeur "Première création" du jury du Festival Pointdoc. Voici les mots du jury : " Nous avons donné le prix à Fort intérieur de Chris Pellerin parce que c’est un film sensible et beau. C’est aussi un film profond, où l’on sent que la cinéaste a passé du temps avec les détenues, qu’elle s’y est vraiment investie. Avec le dessin, elle leur laisse une possibilité d’aller chercher dans l’art une énergie qui pourrait les aider à se reconstruire. Elle y introduit de la vie, c’est-à-dire du dynamisme, dans ce temps arrêté. Elle fait des contraintes (pas le droit de filmer les visages) une force et sa mise en scène de ces femmes est juste et pudique. Enfin, Chris Pellerin nous permet d’avoir un regard bienveillant sur ces femmes et parfois admiratif, elles en ont sans doute bien besoin."
Un texte collectif porté par Hala Alabdalla, réalisatrice de "COMME SI NOUS ATTRAPIONS UN COBRA" qui reste terriblement actuel.
Délivrons la Syrie pour qu’elle retrouve le droit de vivre et de créer ! Point de vue LE MONDE le 30/01/2012
La première réaction du régime syrien face à la révolte populaire a consisté à tuer des civils désarmés. Puis il a annoncé des réformes et a tué des milliers d’autres personnes. Malheureusement, le président syrien Bachar Al-Assad ne peut pas réformer les morts et leur redonner vie. Seul un avenir garantissant l’arrêt de la violence peut réformer "la vie".
Aujourd’hui, au moment de nous adresser aux Syriens, nous le faisons dans le recueillement, afin d’effleurer la liberté. Nous avons tous tenté de résister à travers l’art et la défense de la liberté d’expression, bien que l’époque brise les êtres avant de les revendre.
Le destin nous a condamnés à comparaître devant les esclaves des moukhabarat (services secrets syriens), heureux de trouver là l’occasion d’étaler leurs connaissances en poésie, musique, cinéma et théâtre. Certains d’entre nous, voire tous, avons choisi de courber la tête, de se refugier dans le silence et de cohabiter avec l’esclavage.
Certains d’entre nous, voire tous, avons entamé une résistance morale qui nous a valu la sympathie de la majorité des Syriens. Cette victoire sur l’isolement a libéré l’imaginaire des artistes, assiégé depuis des décennies par des institutions, des ministères et des syndicats corrompus. L’imaginaire sécuritaire a inventé ses administrateurs et ses caïds, qui ont sanctifié la loyauté solennelle et lui ont donné l’apparence de la légalité.
La corruption mène à la corruption. La culture devient une insulte, la liberté une maladie psychiatrique. Quant à l’auteur, il est soupçonné de vouloir attenter à "l’art du peuple"... A présent, c’est ce même peuple que l’on accuse de tuer sans pitié.
La Syrie se noie dans le sang et dans l’espoir. Aujourd’hui, la Syrie dévoile deux imaginaires : le premier s’exprime à travers les manifestations, avec ses solutions artistiques de cinéma, mais aussi avec son bonheur, son ironie, ses chants, ses danses et la glorification de la beauté de la vie et de la liberté. Mais les institutions publiques forment une ombre menaçante, les écoles deviennent des prisons et les hôpitaux des salles de torture. L’appareil d’Etat, qui a nié la liberté d’expression à travers la censure, s’en prend aujourd’hui au droit à la vie revendiqué par les manifestants et les grévistes.
Liberté d’expression et droit à la vie ne font plus qu’un. Les deux sont punis de mort et passibles de torture. Les institutions culturelles ont perdu toute légitimité à force de se murer dans le mutisme face aux massacres et à la détention de leurs propres enfants.
Les metteurs en scène, les universitaires, les musiciens, les femmes et hommes de lettres, les écrivains et journalistes sont arrêtés et menacés de mort, battus avec des câbles électriques, puis abandonnés dans des cachots... Des individus incarnant la paix et le civisme ont été assassinés sauvagement. Le militant prodémocratique Ghiyath Matar a offert de l’eau et des roses aux militaires, il a été tué. Le chantre des manifestants Ibrahim Qachouch a écrit le chant La Syrie veut la liberté, il a été égorgé. Le militant des droits de l’homme Farzat Yahya Jarban a filmé les manifestations, on lui a arraché les yeux. Hamza, un garçon de 13 ans, a été tué et son corps mutilé. Hajar, une fillette, a été criblée de balles. Des milliers d’autres personnes sont portées disparues.
Aujourd’hui, nous sommes contraints de choisir entre notre humanité et un régime qui a sur les mains le sang des Syriens. Aujourd’hui, nous déclarons être du côté de la liberté et de la créativité. Nous choisissons un peuple qui s’affranchit pour le bien de tous. La liberté exprimée dans la rue a réveillé la nôtre. Nous ne pouvons pas ramener à la vie nos martyrs, mais nous pouvons célébrer leur vie et travailler corps et âmes avec la révolution syrienne, afin de construire une nouvelle patrie où ses enfants ne seront plus assassinés au nom d’impostures nationalistes.
Le hasard de la naissance a décidé de notre appartenance religieuse ou ethnique, mais nous sommes avant tout humains et libres... Cette énergie nous porte vers la Syrie de l’avenir. Nous souhaitons la construction d’un Etat pluraliste démocratique, un Etat respectant l’égalité des citoyens devant une loi juste. Une Syrie qui ne soit pas accaparée par un seul camp, qui n’avance pas dans une seule direction pour le compte de quelques-uns. Nous souhaitons une Syrie qui célèbre les films d’Omar Amiralay dans une salle portant son nom.
Défendre la vie de tous les Syriens ainsi que leur liberté est un devoir pour chaque être humain. Nous, la Coalition des artistes syriens, annonçons notre engagement en faveur d’une nouvelle légitimité politique à Damas pour libérer la créativité et sa capacité à questionner notre monde, pour préserver l’indépendance de notre pays et obtenir, enfin, un respect des droits de l’homme.
Hala Alabdalla, cinéaste ; Reem Ali, comédienne ; Ossama Mohammed, cinéaste, Ali Ferzat, caricaturiste et les premiers signataires :
Ali Ferzat, caricaturiste ; May Scaff, comédienne ; Fadwa Soliman, comédienne ; Haitham Hakki, cinéaste, producteur ; Ossama Mohammed, cinéaste ; Yousef Abdalki, graveur ; Samih Choukaer, compositeur, chanteur ; Fares Helou, comédien ; Nabil Maleh, cinéaste ; Hala Alabdalla, cinéaste ; Orwa Nyrabia, cinéaste, producteur ; Noma Omran, soprano ; Rasha Omran, poétesse ; Hala Mohammad, poétesse, cinéaste ; Hala Omran, comédienne ; Shafi Badredin, compositeur ; Razek – Francois Bitar, counter tenor ; Rasha Rizk, chanteuse ; Sonia Bitar, chanteuse ; Yasser Khanger, poète ; Monir Alshaarani, calligraphe ; Nasreen Aljanabi Larsson, danseuse ; Ramzi Choukair, réalisateur de théâtre ; Azza Albahra, comédienne ; Louise Abdelkarim, comédienne ; Mohamad Abdulaziz, cinéaste ; Thaaer Mosa, cinéaste ; Mohamad Omran, sculpteur ; Khaled Khalifa, auteur ; Rima Flihan, scénariste ; Bachar Zarkan, musicien ; Amal Hwijeh, comédienne ; Darina Algundi, comédienne ; Nidal Al Dibs, cinéaste ; Ghassan Jebai, réalisateur de théâtre ; Kinan Azmeh, musicien ; Jaber Al Azmeh, photographe ; Rasha Shurbatji, réalisatrice ; Osama Choukeir, artiste ; Jihad Abdo, comédien ; Mhammad Hdaki, comédien ; Zina Al Halak, artiste ; Aliaa Khachouk, cinéaste ; Raghda Khateb, réalisatrice de théâtre ; Raafat Alzakout, comédien ; Reem Ali, comédienne ; Tarek Malas, musicien ; Najwa Kondakji, comédienne ; Nanda Mohammad, comédienne ; Hazar Al Hark, comédienne.
Production de films documentaires de création - Producteurs : Bernard Bloch et Frédéric Féraud