
MIRAGES
Auteur réalisateur Olivier Dury
Durée: 46´
Année: 2008
Format de diffusion: 35 mm et HDcam SR, Version anglaise
![]()
Chef opérateur: Olivier Dury
Ingénieurs du son: Dana Farzaneh Pour
Chef Monteur: Christine Benoît
Musique originale: Loïc Carron
Coproductions: Coproduction Tv Rennes avec la contribution financière du CNC, les soutiens de la Région Ile-de-France, du Conseil Général du Val-de-Marne, de la Procirep Angoa, la participation de France O, de Périphérie – Conseil Général de Seine Saint Denis. Développé Favec le soutien de la SCAM (bourse Brouillon d’un rêve) et de la Région Rhône-Alpes (bourse d’aide à l’écriture).
Selections Festivals: FID
Diffusion Tv: La Lucarne Arte France.
Chaque jour, à mille lieues d’ici, des dizaines d’hommes porteurs d’un espoir inouï s’en vont, désireux d’atteindre l’Europe.
Durant les premiers jours de leur traversée entre Agadez et Djanet, entre Niger et Algérie, les émigrants doivent affronter le temps du désert, ses stases, ses accélérations foudroyantes, son immobilité minérale.
Cette épreuve qui les traverse fait d’eux des sans-papiers. C’est durant ce trajet que le film les singularise, les détourne un instant de l’invisibilité qui les attend.
C’est à l’origine une vision têtue qui résiste à l’oubli.
Décembre 1998, dans un désert d’Afrique. Un moteur dans la nuit, des phares qui se rapprochent, une masse indistincte d’hommes entassés sur le plateau d’un pick-up, qui surgissent et disparaissent.
L’image, habituellement fuyante, s’est transformée en idée fixe.
Pour réaliser ce film, je suis retourné sur les lieux de l’apparition. Il me fallait retrouver ceux que j’ai perdus dans ceux que je trouverai, dans ce mouvement d’aller en arrière, quand eux vont de l’avant. Cinq jours durant, le temps de basculer d’un statut de citoyen à un état de sans-papiers, ils affrontent un milieu qui, loin d’être un paysage, se révèle être d’abord un adversaire. Chaleur, froid, immensités trompeuses, solitude. Il s’agit de manifester le temps rendu sensible au moyen d’une caméra, tout autant que de filmer les premiers jours de clandestins en but à un oubli programmé.
Olivier Dury
Every day, thousands of miles from here, dozens of people are driven by an incredible sense of hope to set out with the intention of arriving in Europe.
During the first few days of their crossing from Agadez to Djanet, from Niger into Algeria, these emigrants are forced to confront the time of the desert with its stases, its brutal accelerations and its mineral inertia.
The ordeal they undergo turns them into undocumented immigrants. But during their journey, this film considers them as individuals and for a brief moment steals them from the invisibility that awaits them.
In the beginning is this persistent vision that refuses to be forgotten.
December 1998, an African desert. The sound of an engine in the dark, approaching headlights, an indistinct mass of human shapes crowded onto the back of a pick-up that emerge from the night and then disappear back into it again.
This image, normally so fleeting, has become an obsession.
I went back to the site of this apparition to make this film. I had to find the people I’d lost in the ones I’d find, with me going backwards as they moved forwards. For five days, the time it takes for a citizen to become an undocumented immigrant, they confront surroundings that are first and foremost an adversary, not a landscape. The heat, the cold, the deceptive vastness, the solitude. I aim to use my camera as much to reveal how time becomes palpable as to film the first days of some illegal immigrants heading off into certain oblivion.
Olivier Dury